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Lundi 9 mai, une femme était violemment agressée à mains nues sur le parking de sa résidence dans le 10e arrondissement de Marseille. Elle est morte peu de temps après.

Mardi 10 mai, un père de famille qui venait chercher ses enfants dans un établissement privé du 13e arrondissement était attaqué au couteau, il se trouve encore dans un état grave. 

Dans les deux cas, les problèmes psychiatriques des suspects sont évoqués.

Le premier est un SDF qui a tenu des propos incohérents aux policiers de la Bac qui l’ont arrêté. Le deuxième "se plaignait de troubles psy depuis quelques semaines, il était en arrêt pour cette raison, et il avait disparu du domicile depuis 48 heures", selon une source policière citée par l’AFP.

Pour Kader Benayed , agent hospitalier et secrétaire du syndicat Sud Santé à l’hôpital Edouard Toulouse à Marseille, "la fermeture de lits en psychiatrie se transforme en fait divers”".  

La direction de l'hôpital a annoncé la fermeture de deux unités de soin sur les deux prochaines années, en raison de la "pénurie médicale". "50 patients en soins au long cours vont potentiellement être mis dehors", selon le syndicaliste.

"On nous annonce que des équipes mobiles vont être créées pour des traitements à domicile, mais ce sont deux choses différentes. À domicile la rupture de soin est facile. Quand un malade ne prend pas un traitement, on en paye les conséquences, parfois à travers ces faits divers.” 

Des difficultés qui s'additionnent

Les agressions ont eu lieu dans des secteurs qui ne relèvent pas de la zone d’intervention de l’hôpital Edouard Toulouse.

Mais selon Kader Benayed, "le soin n’a pas de frontières, une personne du 15e arrondissement peut commettre une agression dans le 13e. Les quartiers nord de Marseille [où se trouve l’hôpital Edouard Toulouse] font partie des plus paupérisés de France. Dans ces quartiers-là, il y a une addition de difficultés qui font qu’un patient d’Edouard Toulouse en vaut dix dans d’autres quartiers". 

Conséquence, selon le syndicaliste, l’hôpital peine à recruter des médecins, et dans une moindre mesure, des infirmiers. Outre les deux services deux soins prolongés dont l’hôpital annonce la fermeture, l’unité du service de soins intensifs pour adolescents va elle aussi être suspendue temporairement, après le départ de trois médecins.  

La direction de l'hôpital annonce des solutions palliatives en attendant le recrutement de nouveaux médecins d'ici la fin de l'année -"on va renforcer la liaison avec le service des urgences pédiatriques de l’hôpital Nord, en y affectant du personnel en plus, déclare Thierry Acquier, le directeur de l'hôpital. Et on se met en situation de renforcer les personnels nuits et et de pouvoir hospitaliser des mineurs dans des bonnes conditions sur des services adultes, à titre exceptionnel."

Mais pour remédier au manque de soignants, le syndicat Sud santé demande une "prime en territoire difficile, de manière à redonner une attractivité au territoire".

"Au niveau national il y a des difficultés, mais chez nous c'est accentué”, pointe Kader Benayed. D’autant que la crise du Covid-19 et les confinements ont accentué les besoins de soin." 

Source de l'article : https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/marseille/psychiatrie-apres-deux-agressions-violentes-a-marseille-le-syndicat-sud-sante-de-l-hopital-edouard-toulouse-alerte-sur-la-fermeture-de-lits-2540188.html?_format=html
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