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Illustration d'une école élémentaire.
Illustration d'une école élémentaire. — FRED TANNEAU / AFP
  • La ville de Marseille supprime les temps d'activités périscolaires. 
  • Il coûtait selon elle 25 millions d'euros
  • On ignore toutefois précisement si la totalité de cette somme sera réinvestie dans l'éducation.

Elle avait appliqué cette réforme à marche forcée. La rentrée 2018 sonne pour la ville de Marseille la fin de la semaine à cinq jours tel que demandé par le précédent gouvernement. En lieu et place, les écoliers de la ville de Marseille travailleront sur quatre jours, de 8 h 30 à 11 h 30 et de 13 h 30 à 16 h 30. En parallèle sera proposé un temps d’accueil de 7 h 30 à 8 h 30 et un accueil le soir qui s’entend désormais de 16 h 30 à 18 heures, soit une demi-heure supplémentaire. Cet accueil réalisé par des associations titulaires des marchés publics, ou à défaut pas la Ville, sera composé d’activités culturelles et sportives. Les tarifs seront progressifs en fonction du revenu du foyer.

Les temps d’activités périscolaires vont donc être bel et bien supprimés, à la grande satisfaction de Jean-Claude Gaudin. Le maire de Marseille déplore une réforme qui « a coûté un pognon de fou à la ville de Marseille ». Selon les chiffres de la municipalité, la modeste somme de 25 millions d’euros a été avancée par la Ville pour mettre cette réforme en place. Alors que ces activités périscolaires s’arrêtent, une question vient donc à l’esprit : que va faire la mairie d’une telle somme ?

Rendre l’argent aux Marseillais ?

C’est notamment l’interrogation de l’opposition socialiste dans un communiqué de presse, qui fait valoir le fait que la mairie « n’a eu de cesse de se servir des temps d’activités périscolaires (TAP) pour justifier ses augmentations d’impôts. ». Ils réclament donc que 8 millions d’euros soient « rendus aux Marseillais », et que la somme restante soit réinvestie dans les écoles et les activités proposées aux écoliers après l’école.

« Nous avions un financement de l’Etat car nous étions parmi les 250 villes les plus pauvres de France, rétorque Danièle Casanova, adjointe à la mairie en charges des écoles. Mais aujourd’hui, nous n’en faisons plus parti, donc nous n’avons plus les 6 millions d’euros que l’Etat nous donnait pour financer les activités périscolaires. »

Entre 8 et 10 millions d’euros

A cela doit s’ajouter le coût de la nouvelle organisation, avec notamment des temps d’accueil rallongés le soir et une revalorisation du salaire perçu par les enseignants au titre des études. « Nous ne savons pas encore à combien cela se chiffre, tout dépend du nombre d’enfants qui s’inscriront. Mais nos prévisions estiment ce coût entre 8 et 10 millions d’euros. »

Quid du restant alors ? Pour le financement du mercredi, Danièle Casanova se dit en attente des décrets d’application du « Plan mercredi » annoncé ce mercredi par le ministre de l’Education nationale. Ce plan vise à proposer à la rentrée 2018 un large éventail d’activités périscolaires pour cette journée qui n’est plus un jour d’école dans un nombre croissant de communes.

Le reste dans les travaux ?

Le reste de l’argent servira selon la mairie aux travaux nécessaires dans les écoles marseillaises, via notamment la mise en place du dédoublement des CE1 en REP + et des CP en REP. Un argument qui scandalise Claire Billès, secrétaire départementale du SNUipp-13. « Ça n’a rien à voir, les travaux ne sont pas sur la même ligne budgétaire, cet argent servait à l’accompagnement des enfants. »

Et d’ajouter : « Nous demandons d’ailleurs à ce que soient communiqués précisément les comptes alloués aux travaux. Najat Vallaud-Belkacem était venu deux fois à ce propos, et depuis, on n’a pas beaucoup de retours. Une enquête interne à notre syndicat montre que des travaux lourds n’ont toujours pas été faits. C’est l’argent de l’Etat, on aimerait savoir où il va. C’est quand même un gros détail… »

>> A lire aussi : Marseille: La mairie dédoublera moins d'un CE1 sur deux en REP+ à la rentrée

Source de l'article : https://www.20minutes.fr/marseille/2294155-20180622-marseille-faire-rentree-pognon-fou-alloue-reforme-rythmes-scolaires
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